Chapter 6 La rentabilité sur Internet
Une présence sur Internet doit-elle être rentable ?
Dans la majorité des cas non, voire même elle coûte de l'argent comme
l'usage de tous les outils de communication.
On peut déjà distinguer grossièrement les cas suivants :
-
la présence carte de visite,
- la présence vitrine pour supporter une activité commerciale du monde ``réel''
à travers la description des produits et d'autres informations,
- la présence pour vendre des produits déjà vendus par d'autres vecteurs,
- la présence pour créer une activité commerciale ``virtuelle''.
Un site marchand
Dans les 2 premiers cas il s'agit d'utiliser Internet comme un média
pour transmettre de l'information. Les coûts seront naturellement
supérieurs aux gains directs possibles, s'il y en a.
Dans le cas de vente en ligne,
la rentabilité d'Internet doit être mesurée selon les mêmes critères que
ceux utilisés pour le
téléphone ou la poste par une entreprise de vente par correspondance.
Dans le dernier cas, la rentabilité de la présence sur Internet
est obligatoire puisqu'elle est la raison d'être de la société.
6.1 Les coûts
Les coût sont de deux natures, les coûts sympathiques car
prévisibles et les coûts plus complexes à évaluer, essentiellement
le temps humain lié à l'impact de cette présence sur Internet.
6.1.1 La connexion
Dans les coûts prévisible, le premier coût est celui de la connexion qui dépend directement
de la qualité de service désirée.
Cela peut aller de l'hébergement
d'un site web et l'obtention d'une boite au lettre pour quelques
dizaines d'euros par mois à la machine hébergée chez soit avec
une LS à haut débit pour plusieurs milliers d'euros par mois.
Site Web |
Hébergement |
Hébergement |
minimaliste |
mutualisé |
dédié |
presque rien |
100 ¤ |
300 ¤ |
ADSL particulier |
ADSL pro |
LS 10 Mbits |
(1 machine) |
(10 machines) |
(beaucoup) |
30 ¤ |
100 ¤ |
1 000 ¤ |
Table 6.1: Prix mensuel d'une connexion et d'un hébergement en France en 2002
À ces prix il faut ajouter, pour l'hébergement un surcoût en cas de
trafic important,
un serveur de secours chez un autre opérateur ou FAI, la sauvegarde, les
alertes...
Pour la connexion, il peut être bon d'avoir aussi une solution de
secours en cas de panne de la connexion principale.
6.1.2 Le développement du site web
La conception et le développement d'un site web peut se faire en payant
quelques centaines d'euros un étudiant pour avoir un site statique
avec deux trois pages de présentations, mais atteint des sommes nettement
plus élevées pour un ``vrai'' site commercial.
Pour avoir une idée de ces coûts,
B2B Online
présente trois cas fictifs de site Web, un petit, un moyen et un grand,
à différentes Web agencies en leur demandant un devis pour chacun.
Les sites sont les suivant :
Le petit site : Alpha and Gamma
law partners is a law firm looking to start from scratch with its Web site, which hasn't been updated since 1998. It would like a Flash intro to the site with some animation and sound. Then your standard items like an executive bio section, contact page, press releases, etc. And they'd like this look and feel to carry over to a new Intranet site which will allow the lawyers in the firm to create a library of their case documentation, have links to the various online databases (Lexis, etc.) and search for and access all the relevant files in this new knowledge base.
Services requested:
-
Hosting
- Look and feel (design/site mapping)
- Flash development
- Intranet database development of case library
Le site moyen : Cranial Bomb
is a software developer. It's looking to create a new site for one of its products which will feature secure (paid) downloads of its software, a bulletin board system for registered users to interact with each other and staff tech-support personnel. These will have to be multithreaded so that users can create their own threads in on of several "folders" like "software issues," "hardware issues," etc. The Tech support staff will also maintain a library of documentation in word, acrobat and html, which users can search. They'll need to be able to post text for the html, and upload the related files.
Services requested:
-
Secure hosting
- Look and feel (design/site mapping)
- E-commerce engine
- Bulletin board area
- User registration system
- Database development for the support documents
Le grand site : Grubstuff.com
is a mid-sized portal for the restaurant industry looking to roll-out the second phase of its site (it got its VC last year, thank you). Currently it has an ASP-based portal site running on Windows 2000 with an SQL database, and it would like to keep this architecture. It has 25,000 registered users. Besides links to sites it has several news feeds with industry-related content, weather, stock ticker, etc. Now it wants to build out the exchange portion of the site. It will need a full e-commerce solution whereby users can register as buyers or vendors, manage their accounts, securely store purchase information (credit cards or Purchase orders). Vendors will be able to update the items in the catalogs they are selling. Buyers will be able to view and search the items by vendor, price, part number, etc. and see specs and descriptions of the items. Finally, it would like to allow users to set certain preferences in their profiles and receive email or wireless updates when special offers on selected products come up, or when news or stock information of interest comes across the feeds.
Services requested:
-
Secure hosting
- Look and feel (design/site mapping)
- E-commerce engine/shopping cart
- Catalog area, with back-end updating tools for the vendors
- User registration/profile management system
- Email list management/delivery system
- WAP-based system for news and stock delivery to phones, pagers, etc.
Table 6.2: Coût de développement d'un site web entre 96 et 2001
Le prix ont constamment varié de façon importante, en particulier
pour les grands sites qui ont chuté avec la maîtrise de la technologie,
remonté avec la pénurie liée à l'arrivée de nombreuses entreprises
sur Internet et enfin rechuté en 2001 avec l'explosion de la bulle Internet.
6.1.3 La promotion
Pour qu'un site soit connu on a recourt le plus souvent à la publicité,
qu'elle soit sur Internet ou en dehors d'Internet. Ces campagnes
de publicité pour des sites Web ont eu des fortunes diverses.
En 1994, CDNOW a commencé une campagne de publicité omniprésente
sur Internet qui lui permis de devenir rapidement le leader dans
la vente en ligne de CD. CDNOW à mis en place en même temps
un système d'affiliation permettant aux sites partenaires de renvoyer
les internautes directement aux CD recherchés.
6.1.4 Le coût humain
Le coût humain et les implications liées au sein de l'organisation de
la société sont très variables d'un cas à l'autre, mais sont souvent
la partie la plus importante des dépenses.
Un site commercial implique
-
de lui fournir du contenu,
- de l'adapter voire de le rénover régulièrement,
- de répondre au courrier qu'il suscite.
6.2 Les revenus
6.2.1 Les économies
Le journal québécois Le Devoir présentant le 5 mai 1997
les gains induits par Internet pour la société Federal Express :
Premier succès d'envergure sur Internet, le système de suivi des livraisons sur Internet de Federal Express fait économiser 2 millions de $ par année à la compagnie. C'est sans compter la satisfaction des clients qui peuvent eux-mêmes, au moment qui leur convient, vérifier où est le colis envoyé ou en attente. Implanté en 1994, le système s'est développé pour permettre aux clients de FedEx de réaliser leurs commandes eux-mêmes en ligne. Déjà 400 000 clients réalisent 60 % de leurs transactions de cette façon. Cela représente plus de 100 millions de transactions par jour ! Et ce n'est pas tout: la croissance des transactions réalisées par FedEx sur Internet serait de 10 à 12 % par mois.»
6.2.2 La notoriété et la communication
Les sites web des entreprises sont une source importante d'information
pour les journalistes.
D'après le USA Today (16 juillet 1997) :
Selon les résultats d'une enquête par Buck Consultants, les compagnies dépensent de fortes sommes pour la conception et la gestion de leurs sites Web, mais les coûts sont nettement supérieurs aux revenus générés. Une compagnie type dépensera de 200 000$ US à 300 000$ US par année en salaires, bonus et bénéfices pour un site Web alors que l'enquête démontre que seulement 15 entreprises sur les 104 étudiées utilisent leur site pour la génération de revenus.
La majorité des entreprises utilisent leur site pour la diffusion d'informations financières et commerciales.
Un des répondants cite que le "gros mythe de l'Internet" est qu'il stimule les ventes alors qu'en fait, c'est surtout un moyen pour communiquer entre les clients, les vendeurs et les employés. En dépit du manque de rendement du capital investi, peu de compagnies comptent réduire les dépenses reliées à leur site Web.
Selon un directeur de l'information, les dépenses inhérentes ne représentent pas une grosse somme lorsqu'on les compare aux coûts d'une campagne de publicité majeure.
6.2.3 La vente en ligne
La vente en ligne se découpe en différentes catégories :
-
la vente de produits matériels dont la commande s'effectue
par Internet (Amazon, Grosbill, eBay, Boucherie Sanzot...),
- la vente de produits immatériels commandés et transférés par
Internet (musique, logiciel, article ou livre numérique...),
- la vente de services commandés par Internet, exécutés par ailleurs
(billet d'avion, location...)
- la vente de services commandés et effectués sur Internet (bourse,
gestion de compte bancaire, calcul distribué,...)
Certains serveurs comme ceux de la vente de billet de voyage et des
services bancaires ont pleinement profité du potentiel d'Internet :
Figure 6.2: Revenus du voyage en ligne entre 1998 et 2001
Figure 6.3: Nombre d'utilisation des services bancaires en ligne aux E-U
La Vente de contenu ou de services
L'analyse de l'étude IPSOS de mai 2002 indique que
La tendance vers des informations ou des services payants sur le web rencontre une opposition de principe chez un internaute sur deux.
Le lien entre prix et qualité n'est pas démontré et, pour bon nombre d'internautes, payer l'accès aux sites, c'est, payer deux fois puisqu'ils payent déjà leur connexion à Internet. Prés de la moitié des internautes comptent plutôt sur leur fournisseur d'accès pour leur procurer des contenus et services à valeur ajoutée.
On peut distinguer 3 familles d'internautes vis à vis des contenus et services payants : 23% de souscripteurs actuels d'au moins un service,
22% d'internautes " ouverts ", non souscripteurs mais ouverts à
cette idée, et 55% d'internautes réticents
à l'idée de payer pour l'un quelconque de ces contenus ou services.
Le moins que l'on puisse dire est que ce n'est pas gagné.
L'un des freins à la vente de contenu est lié à l'absence de solution de
micro-paiement, indispensables pour les
nombreux sites qui aimeraient vendre peu cher des informations ciblées, un
ancien article, une requête dans une base de données..., ainsi que des
petits services.
La solution actuelle passe par les abonnements mais reste très marginale
auprès du grand public. Elle est par contre acceptée par les professionnels
habitués
à ce genre de service. Ainsi la plupart des bibliothèques universitaires
sont abonnées aux sites d'archive des revues scientifiques. On
peut aussi citer l'exemple des
portails qui proposent des dépêches achetées à des agences.
6.2.4 La vente induite par le Web
Si la vente en ligne est encore marginale par rapport à la vente au détail,
la première ne représentant que quelques pourcentages de la seconde
comme le montre la figure ci-dessous, elle induit des achats ``hors ligne''.
Ces achat ``colatéraux'' peuvent être liés à une recherche sur Internet
ou une promenade sur le Web. On estime
que pour 1 dollar dépensé en ligne, Internet gènère 6 dollars d'achat en magasin.
Figure 6.4: Achats induits par les sites en ligne
source : Technology Review, avril 2005
On note aussi qu'un achat en ligne génère souvent un achat en magasin
lors du retrait du premier, de son échange ou de son retour.
6.2.5 La publicité
Le dossier d'introduction au premier marché de Liberty Surf de mars 2000
indique à propos de la publicité sur Internet :
Internet est devenu l'un des nouveaux supports les plus attractifs pour
les annonceurs. La publicité sur Internet permet aux annonceurs de cibler
leur public et de délivrer un message direct à une audience dont les
caractéristiques démographiques et les intérêts ont pu être circonscrits.
Internet permet aussi aux annonceurs d'inter-agir de façon plus efficace avec
les consommateurs et d'obtenir des informations précieuses sur leurs habitudes
d'achats, leurs préférences et leurs besoins. La publicité sur Internet
permet également aux annonceurs de mesurer avec précision l'impact de
leur publicité en ayant connaissance du nombre de pages vues ou du nombre
d'apparitions de leurs publicités sur les pages téléchargées par les
utilisateurs. Du fait du caractère interactif d'Internet, les annonceurs
peuvent évaluer l'efficacité de leur publicité en mesurant les rapatriements
d'utilisateurs que celle-ci génère par le biais de clics menant à
leur site ou les demandes d'informations additionnelles que ces derniers
peuvent faire en cliquant sur la publicité de l'annonceur apposée sur
la page d'un site Internet. Les technologies permettant des services
multimédia plus performants, telles que Java, et l'amélioration de la
capacité des annonceurs à analyser les profils démographiques des
utilisateurs d'Internet devraient permettre aux annonceurs de bénéficier
d'annonces mieux ciblées, d'accroître l'impact de leurs annonces et
de contribuer encore à faire d'Internet un des supports privilégiés pour
la publicité.
Bien que l'on s'attende à ce que le marché publicitaire sur Internet en
Europe augmente rapidement dans les prochaines années, cette croissance
ne devrait pas bénéficier de façon égale à tous les sites. Certaines
recherches indiquant que les internautes ne visitent régulièrement qu'une
quantité limitée de sites populaires, les sites les plus visités bénéficient
d'une part prépondérante des recettes publicitaires globales. En 1998,
aux Etats-Unis, environ 70 % des recettes publicitaires en ligne sont
revenues aux dix premiers sites Internet. Une évolution similaire est
attendue dans les pays européens. Obtenir une base large et active
d'utilisateurs est donc l'un des critères clés d'évaluation des
perspectives financières d'un site Internet. La publicité est bien
implantée sur Internet même si des doutes sur
son impact et sa rentabilité existent toujours.
On trouve dans cette présentation l'ensemble des avantages de la
publicité sur Internet, avantages que l'on peut résumer en :
-
sa capacité à cibler l'audience,
- la possibilité d'une analyse précise de l'impact d'une annonce,
- l'interaction liée aux liens hypertextes, permettant
un complément d'information voire un achat immédiat,
- sa progression dépasse
celle de tous les autres média (cf Fig 6.4 et ?? ),
- les internautes ont en moyenne des revenus élevés 1.
Figure 6.5: Comparaison de la progression de la radio, de la TV et d'Internet
Figure 6.6: Consommation 2004 européenne des principaux médias (en heures par semaine)
De fait, la croissance du chiffre d'affaire de la publicité sur
Internet a suivi une courbe exponentielle jusqu'à l'explosion
de la bulle et présente un chiffre d'affaire intéressant :
Figure 6.7: Croissance des revenus de la publicité sur Internet aux Etats-Unis
Mais cela ne doit pas masquer le faible poids de la publicité sur Internet.
Les 7.7 milliards de revenus en 2002 doivent être comparés aux 1 234 milliards
de revenus générés par Internet. Dans le monde de la publicité, là
encore Internet représente un pouième, 2.9% de la publicité visant
les entreprises aux Etats-Unis.
Figure 6.8: En 2001 Internet représente 2.9% de la publicité inter entreprises aux E-U
En 2004, Internet a représenté 2.6% du marché de la pubilicité Européenne d'après Euromonitor.
L'EIAA escompte un 7% fin 2008 en Europe.
Sachant qu'Internet a une audience de 11% parmi les médias
au E-U, certains espéraient la croissance indiquée
ci-dessous :
Figure 6.9: Croissance de la publicité en ligne aux E-U
source : DoubleClick 2001
Si les chiffres 2004 de l'IAB, cf figure 6.5, montrent que
cette croissance a été freinée par l'explosion de la bulle Internet, la
tendance semble repartie à la hausse ce qui peut laisser espérer la
progression indiquée ci-dessus avec un décalage dans le temps.
Enfin il faut noter que la part du gateau publicitaire
va aux grands. Environ 75 % des recettes publicitaires en ligne sont
revenues aux dix premiers sites Internet.
Figure 6.10: Partage du marché de la publicité en ligne entre annonceurs aux E-U
source : IAB Internet Advertising Revenue Report, septembre 2004
6.2.6 Le prix de la pub
L'unité de base de la publicité est le CPM,
cost per mil, qui correspond au prix pour mille affichages
d'une publicité. Il correspond au CPM des journaux.
Il existe aussi des systèmes de rémunération basés sur la performance
comme
le CPC, cost per clic2,
et le CPA, cost per action (2$ si le logiciel de ma publicité est téléchargé
par exemple).
Figure 6.11: Répartition des différents choix de pricing de la publicité
source : IAB Internet Advertising Revenue Report, septembre 2004
Depuis le crack boursier sur les sociétés des nouvelles technologies, le
CPM chute comme le montre la figure ci-dessous.
Les variations de pourcentage de publicité vendue souligne l'importance
d'autopublicité ou d'échange de publicité entre sites.
Figure 6.12: Variation du CPM et du % de publicités vendues sur 2001 et 2002
Table 6.3: Variation du CPM suivant le type de site web
Les CPM varient de façon très importante suivant le type de
site web qui les héberge (cf le tableau 6.3)
et suivant la qualité des sites.
Ainsi aux Etats-Unis, ContentZone
offre un CPM fixe de 0.2 $ pour les sites délivrant moins de 250 000 hits
par mois. Pour ceux au dessus de ce chiffre le CPM monte à 0.4 $.
Pour Kuro5hin,
un site connu au sein du public très restreint des linuxiens
et autre zelotes des logiciels libres, le CPM est estimé à
5 dollars. Slashdot, plus
connus, doit rejoindre les prix cités dans les tableaux ci-dessus.
En septembre 1999, donc avant le crack,
france.internet.com présentait
(cf tableau 6.4)
des chiffres similaires si l'on excepte les sites financiers qui
sont en chute libre.
|
| Secteur |
CPM |
|
| Automobile |
$30 |
| Culture |
$20 |
| Actualité |
$25 |
| Sport |
$20 |
| Voyage |
$25 |
|
|
|
|
| Investissement |
CPM |
|
| <400 000 |
$57 |
| >400 000 |
$55 |
| >800 000 |
$53 |
| >1,2 millions |
$51 |
| >1,6 millions |
$49 |
|
|
| |
|
|
| |
|
Sites Financiers Américains |
Table 6.4: Prix de la publicité sur Internet en septembre 99
6.2.7 Les mécanismes de la publicité sur Internet
Il existe différents niveaux d'accords publicitaires sur Internet
liés à la grande variété de sites Web allant de la page personnelle
aux portails.
Pour les petits
Des sites commerciaux proposent à tous les internautes de leur faire
de la publicité. Ainsi le vendeur de matériel informatique
GrosBill
propose aux internautes de s'affilier.
Qu'est ce que l'affiliation ?
L'affiliation est une forme de promotion en ligne en plein essor, qui
consiste à être rémunéré en tant que site partenaire en fonction du nombre d'acheteurs ou de visiteurs que vous envoyez sur le site d'un affilieur.
Comment ça marche ?
Il vous suffit de placer les bannières ou liens que nous vous proposons sur votre site et vous serez rémunéré soit au nombre de clics soit au pourcentage des ventes effectuées par les clients que vous nous envoyez par l'intermédiaire de votre site.
Pour ce joli effort, GrosBill reverse au propriétaire du site
4 % du montant des ventes générées par le site.
On a vu que ContentZone
offre un CPM fixe allant de 0.2 à 0.4 $ suivant le poids du site.
Mais attention, il est interdit de tricher :
Il est donc plus généralement INTERDIT de tenter de multiplier les clics
de façon artificielle par un système quel qu'il soit. GrosBill se réserve
le droit de demander au membre hébergeur les statistiques de visites de
ses pages, pour contrôler le respect des taux de clics uniques,
tout taux de clics supérieur à 5% des affichages sur une période
d'une journée entraînerait l'élimination automatique du sponsor, ce taux
étant irréalisable de façon légal sur une période importante.
Pour information, un site classique bien ciblé génère 1 à 2% de
clics
par rapport au nombre d'affichage de la bannière et la moyenne constatée
sur le web et de 0,4%.
On notera le rapport estimé du CPM au CPC.
Pour les professionnels
Les sites les plus importants utilisent les services d'agence de
publicité pour leur bandeaux publicitaires. Ces sociétés, dont
Double Click est le représentant
le plus important, insèrent les publicités à la volée au moment où
la page du site est envoyée à l'Internaute. Pour le responsable du
site il s'agit d'une opération transparente, il ne sait même pas a priori
quelle publicité sera envoyé.
Figure 6.13: Fonctionnement de la distribution de publicité
Ce système a permis à Double Click de se tailler la part du lion dans
le marché de la distribution de publicité sur Internet.
Figure 6.14: Nombre de publicités délivrées par Double Click
Aujourd'hui, en 2005, Double Click annonce distribuer plus de 60 milliards
de publicités par mois (180 par trimestre pour comparer au graphique
ci-dessus).
Figure 6.15: Taille du réseau de Double Click
Pour les moteurs de recherche
Les moteurs de recherche ont mis en place une forme
ciblée de publicité non plus basée sur des bandeaux publicitaire
mais sur des liens commerciaux inclus dans les réponses. Ce système
de publicité, très bien ciblé puisque lié à une recherche de
l'internaute, représente le support privilégié des annonceurs :
Figure 6.16: Type de support pour la publicité (aux Etats-Unis)
source : IAB Internet Advertising Revenue Report, septembre 2004
Ainsi Google, le principal moteur de recherche, propose son
service AdWords où toute
personne désirant faire sa publicité peut indiquer combien elle
est prête à payer, entre 15 cents et 50 dollars par clic,
pour avoir son encart présenté (voir les détails sur la FAQ de AdWords).
Figure 6.17: Les liens publicitaires des moteurs de recherche
Sachant que Google revendique plus de 200 millions de requêtes
par jour, on constate que ce marché est énorme, plus de 2 milliards
de dollars par an d'après le Search Engine Watch.
De son coté, Yahoo a mis en place début 2004, un moteur de recherche
qui favorise les sites clients qui paieront. Les sites paieront entre
10 et 49$ pour chaque page web indexée et entre 15 cents et 1$
chaque fois qu'un utilisateur de Yahoo cliquera sur un site client présenté.
Des analystes estiment que ce système génèrera des revenus de
100 millions de dollars par an pour Yahoo.
On peut aussi noter que le moteur AltaVista de HP avait aussi décidé
il y a longtemps de favoriser ses clients et que cela a fortement nuit
à sa réputation. Ce moteur qui était le plus important est passé au
second plan aujourd'hui.
6.3 La rentabilité de la gratuité
La gratuité est un fait sur Internet. Il est possible d'avoir énormément
d'information de très bonne qualité gratuitement.
Les journaux proposent
des sélections d'articles voire leur intégralité, les portails offrent
souvent les annonces des agences de presse, la météo et des informations
financières. Les universités mettent à disposition du grand public
des cours de très bons niveaux, tant scientifique que
pédagogique3.
Une multitude de particuliers ont des pages personnelles remarquables
sur leur passion.
Il existe aussi une longue tradition des services informatiques
gratuits sur Internet.
Ainsi il est possible d'avoir un nom de
domaine gratuit4
pour aussi longtemps qu'on le désire sur
www.eu.org, on peut avoir une connexion gratuite
avec de
nombreux fournisseurs dont Free par exemple,
ainsi qu'un espace pour héberger ses pages web. Le courrier gratuit
est devenu un classique ainsi que l'hébergement de listes de diffusion.
Mais cette gratuité à un coût, celui des rédacteurs lorsqu'il
s'agit d'information et celui des informaticiens lorsqu'il s'agit
de services.
Ces coûts peuvent être déjà intégrés dans une autre activité, un
chercheur est déjà payé pour publier ses résultats, ou supportés
par l'effet de bord généré par la notoriété du site offrant de
l'information ou des services gratuits.
Cet effet de bord est essentiellement la publicité vendue sur
le site mais peut aussi être le gain lié à une image de marque
positive ainsi obtenue.
Ainsi Liberty Surf voyait un modèle économique dans la publicité (extrait
de son dossier d'introduction au premier marché en mars 2000) :
Solutions en matière de publicité.
A ce jour, les recettes des portails du Groupe sont essentiellement de
nature publicitaire. Sa large base d'utilisateurs actifs attire un large
éventail d'annonceurs désireux de faire figurer leurs publicités sur ses
sites. Les sites du Groupe présentent ainsi des bandeaux, des boutons et
d'autres formes de publicité spécifiques à Internet qui, lorsqu'un
utilisateur clique dessus, les met directement relation avec le site
désigné par l'annonceur. Sur les six derniers mois de l'exercice pour
lesquels les résultats d'Objectif Net ont été intégrés aux comptes
consolidés Groupe, plus de 200 annonceurs ont fait figurer leurs publicités
sur ses sites Internet France et ont généré 2,3 millions d'euros de
recettes publicitaires totales.
Pour atteindre la masse critique qui permet d'être dans les sites
les plus consultés, et donc parmi ceux qui attirent la majorité de
la publicité, il faut séduire les internautes ce qui demande des
moyens importants.
Le groupe Liberty Surf comptait, fin 99,
254 employés dont 70 en marketing/vente, 52 en assistance téléphonique,
51 pour gérer les portails et 43 techniciens.
Figure 6.18: Compte d'exploitation 1999 de Liberty Surf
Les comptes d'exploitation montrent le déséquilibre entre les revenus
publicitaires et les coût de fonctionnement.
L'aventure n'a pas été concluante puisque Liberty Surf a été racheté
par Tiscali. Mais la conjoncture a été on ne peut plus mauvaise et
l'existence d'autres fournisseurs d'accès gratuits ainsi que la
reprise de cette option par Tiscali semble indiquer que la gratuité
a sa place dans l'e-commerce.
L'eLAB, http://ecommerce.vanderbilt.edu/, propose de nombreux
articles sur la publicité sur Internet.
L'IAB-France, http://www.iabfrance.com/, regroupe les annonceurs,
les agences de publicité et ceux qui tournent autour, afin de structurer,
et de favoriser le développement de la publicité sur Internet.
- 1
- mais cela devient
de moins en moins vrai avec la démocratisation d'Internet
- 2
- Il ne suffit pas de cliquer pour arriver,
seulement 90% des clics arrivent à la page visée.
- 3
- Je ne résiste pas à l'envie de vous citer
ce cours de génétique.
- 4
- c'était la norme pour tous les domaines lorsque j'étais jeune !