Géopolitique de l'Internet

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mercredi 9 septembre 2015

Une nouvelle démocratie

Ok, il y existe des nouvelles démocraties probablement depuis que la démocratie existe, mais de fait c'est toujours un peu la même chose. Alors peut-on faire du nouveau avec Internet ? Est-ce que l'outil peut générer l'usage ?

Pour l'instant on peut constater que l'outil facilite grandement la vie des services d'espionnages et que la NSA exploite pleinement les possibilités de surveillance totale qu'offre Internet. Snowden en a apporté la preuve mais globalement tout le monde s'en fout. En tout cas notre gouvernement est clairement du coté de la NSA, lui qui a refusé l'asile politique a Snowden et qui vient de faire passer la loi Renseignement afin d'avoir sa petite NSA. L'avenir de la démocratie est peut-être la démocratie-totalitaire. D'autant qu'avec l'internet des objets, la surveillance globale va atteindre des sommets. Quand on pense que le simple gyroscope d'un téléphone portable posé sur la table permet de savoir ce que vous tapez sur votre ordinateur. Peut-être que votre détecteur de fumée NEST sera un bon détecteur de vos performances sexuelles.

Heureusement tout n'est pas démocratiquement mauvais dans Internet. Par exemple il y a les données ouvertes. Quand on connait l'adage "Le savoir c'est le pouvoir", et les administrations le connaissent très bien, on apprécie d'autant plus l'évolution des administrations qui acceptent d'ouvrir leurs données. Si in fine la perte de la vie privée est compensée par une transparence totale de l'État, on s'en sortira pas trop mal. Il ne reste plus qu'à faire de sorte que les entreprises aussi soient transparentes, et là c'est mal parti surtout lorsqu'on pense à la tentative de loi de protection du secret des affaires.

Donc du bon, du brutal et du méchant, tout ce qu'il faut pour faire un chapitre de plus à mon poly.

lundi 24 août 2015

Avis de citoyen

La démocratie représentative ne semble plus avoir le vent en poupe, en fait elle semble encalminée et promise au naufrage. Les officiers, conscients que le naufrage peut prendre des siècles et voyant que les marins sont résignés, ne font rien ou bien font semblant de faire. Par exemple la France a introduit en 2008 le référendum d'initiative partagée qui ressemble à un référendum d'initiative populaire mais qui n'en est pas un puisqu'il doit être initié par les parlementaires puis soutenu par plus de 4,5 millions d'électeurs (soit 10 % des électeurs, à comparer aux votations de suisses qui demandent 2 % des électeurs et rien d'autre).

Alors les choses bougent ailleurs, sur Internet souvent. Aujourd'hui des sites comme Avaaz ou Change.org permettent aux citoyens de lancer des pétitions et les aide pour qu'elle atteignent des niveaux qui forcent les élus à agir (plus d'un million de signatures régulièrement). Avec plus de 40 millions d'inscrits, Avaaz dispose d'une véritable force de frappe qu'elle mobilise sur les pétitions qu'elle a choisi de mettre en avant. Ce choix est d'ailleur le principal reproche qui lui est fait car si tout le monde peut créer sa pétition, seules celles qu'Avaaz soutient ont des chances d'obtenir un nombre significatif de signatures. Avaaz devient ainsi une organisation politique importante.

avaaz_syria

De son coté Change.org propose des pétitions plus locales mais avec de nombreux succès aussi.

Si ces deux sites, et d'autres, ont modernisé la pétition et augmenté le poids de l'activisme, ils ont également su rendre très rentable cette activité. Avaaz, lancé avec le soutien de fondations dont celle de Soros, vit aujourd'hui des dons de ses membres. Change.org vend l'accès à son site à des organisations humanitaires et demande des dons aux créateurs de pétitions (cf Avec Change.org, la pétition est devenue un business). En 2012 Avaaz avait déjà un chiffre d'affaires de plus de 10 millions de dollars. En 2013 Change.org a levé 15 millions de dollars. On est loin des bénévoles qui tractent le dimanche sur les marchés.

mardi 28 octobre 2014

Metro Internet 2014

Voici le cru 2014 de la carte du métro Internet. Deux points d'intérêt majeurs sont entrés, à savoir les imprimantes 3D et les bitcoins. Edward Snowden a pris la place de Lawrence Lessig. Booking est entré afin de représenter le monde du tourisme en ligne. Un faux protocole a pris place à la limite entre les débats sur le copyright et la sécurité, à savoir les DRM. Enfin les classements Alexa des sites sont globalement à la baisse, Internet étant de moins en moins un outil occidental, d'autres sites non présents ici deviennent assez populaires chez eux pour faire reculer les sites occidentaux (j'en ai profité pour ajouter que cette carte est une vision occidentale).

metro internet 2014

lundi 21 juillet 2014

Justice cassée ?

Dans l'affaire "L'endroit à éviter au Cap-Ferret: Il Giardino", la justice a décidé de condamner l'auteur du blog pour ce titre au vitriol (au moins). Bien sûr les réactions ne se sont pas faites attendre pour commenter/dénoncer ce jugement (voir ici ou ou encore ).

Dans le domaine judiciaire le blogueur français le plus connu est certainement maître Éolas qui a été interrogé par l'Express. S'il semble aller à l'encontre du jugement, il est remarquable de constater qu'il reproche surtout à la victime (l'auteur) de ne pas avoir eu d'avocat :

"Elle a été naïve de croire qu'on peut s'en sortir en justice seulement avec sa bonne foi et son bon sens."

Est-ce à dire que si on ne paie pas un avocat alors on est condamné d'avance ? Il semblerait et la conclusion de maître Éolas est :

"Quoi qu'il en soit, en cas de poursuite, il faut prendre un avocat."

Avoir des juges qui savent faire la part des choses sans que des avocats leurs rappellent le droit, ne semble pas une option possible. Toujours d'après mister Éolas :

"n'importe quel avocat aurait trouvé l'arrêt de la Cour de cassation qui contredit de façon flagrante ce que dit cette ordonnance (à l'exemple de l'article 11-86.311). "

N'importe quel avocat mais pas un juge. Si l'erreur est évidente, on aimerait que la justice la répare d'elle même.

mardi 20 mai 2014

Internet, espace de vérité

Évidemment, un tel titre laisse songeur. Internet n'est pas connu pour être la véracité même, on y trouve de tout et beaucoup de faux. Mais à l'image de la Wikipedia, on peut améliorer doucement les choses.

La cour de justice de l'Union Européenne a indiqué la semaine dernière dans la demande de décision préjudicielle C‑131/12 que les moteurs de recherche doivent retirer les références à des pages contenant des données à caractère personnel, dès lors que que le droit de la personne privée à la gestion de ses données personnelles l'emporte sur l'intérêt public. Si l'individu est un personnage public alors l'intérêt du public peut être plus important et dans ce cas l'information doit rester visible.

Dans le cas présenté à la cour de justice, le plaignant a demandé qu'on efface les archives de journaux faisant état de la vente au enchère de sa maison pour couvrir les cotisations sociales qu'il n'avait pas payé. Il ne s'agit donc pas de diffamation ou d'une affaire qui s'est révélée fausse par la suite.

En prenant cette position, la cour de justice défend les personnes au passé douteux qui désirent se refaire une virginité. Dans le cas présent, la personne, espagnole, a pu avoir simplement un problème financier qui a mené à la vente de sa maison. Ce cas n'est pas très important. Mais avec cette décision, les traces du boucher qui a vendu du cheval pour du bœuf vont aussi disparaître, idem pour le chef d'entreprise condamné pour avoir eu des employés non déclarés, le maçon qui s'est mis en faillite pour éviter le procès qui l'attendait, etc. On peut justifier cela comme une aide à la réinsertion, le droit d'avoir une seconde chance lorsqu'on a purgé sa peine, je crains que le remède soit pire que le mal, que cela soit surtout l'occasion pour les escrocs de sévir tranquillement.

Cette décision peut aussi évoluer et offrir le même droit aux entreprises qui seront ainsi protégées contre toute critique. Qu'un site web dénonce des pratiques d'une entreprise et hop, l'entreprise pourrait demander que toute référence à cette page disparaisse.

Notre société évolue, une photo d'un étudiant bourré est de moins en moins un problème pour des employeurs. Je veux croire qu'une trace sur Internet d'une vieille faute générera de moins en moins de réactions extrêmes. On a tous un passé, des fautes plus ou moins graves, notre capacité à savoir les gérer pour évoluer est le plus important.

Ma volonté de défense de la mémoire de l'Internet a bien sûr des limites. Je désire construire un espace de vérité, donc aussi en retirer les mensonges dont la diffamation. On sait à quel point il est facile de diffamer sur Internet, dans ce cas bien sûr toutes traces relative à cette diffamation doivent être effacées.

Enfin il ne s'agit pas non plus de casser la vie privée. Dès lors que des informations privées sont publiées à son insu, elles doivent pouvoir être retirées. Ce n'est pas le point de cette décision de la cours de justice qui aborde une donnée personnelle publique, mais je ne voudrais pas qu'il y ait de doute sur mes propos.

Internet est un outil de transparence extraordinaire qui peut nous permettre de construire une société meilleure. Vouloir le modifier pour rester dans des schémas du passé n'est probablement pas la solution.

lundi 28 avril 2014

Neutralité du réseau, mieux en EU, aie aux US

Si en règle générale l'Europe est en retard par rapport aux États-Unis dans le domaine de l'Internet, il y a deux points majeurs qui, de mon point de vue, font pencher la balance en faveur de l'Europe à long terme :

  • la non-brevabilité des algorithmes et plus largement des logiciels (qui permet de créer sans avoir une armée d'avocats, cf les ''patent trolls'')
  • la neutralité du réseau (la garanti d'accès aux clients pour les startups)

Le second point est actuellement sous les feux des projecteurs car, si jusqu'à présent la neutralité était respectée des deux cotés de l'Atlantique, mais avec une incertitude quand à son avenir, le flou est en train de s'estomper.

En Europe le parlement européen a voté le 3 avril pour la neutralité renforcée du réseau. Bien sûr il ne s'agit que du parlement et le conseil de l'union européenne, qui représente les gouvernement, doit passer derrière. Mais l'impulsion du parlement est plutôt de bon augure.

Aux États-Unis l'inverse semble se produire. A la mi avril, Netflix fournisseur numéro 1 de vidéo à la demande, a cédé et payé l'opérateur Comcast afin d'avoir un meilleur accès à ses clients (cf le blog de Netflix à ce sujet). Puis la commission de régulation des télécoms, la FCC, a indiqué la semaine dernière vouloir établir de nouvelles règles qui permettent à un opérateur de faire payer un fournisseur de données pour un meilleur service. On ne parle donc pas de brider ceux qui ne paient pas, mais dans un monde où tout évolue si vite, on sent bien que ceux qui ne paieront pas seront encore dans 10 ans avec un débit d'aujourd'hui. Bien sûr le piège est grossier mais il peut passer.

Il semble donc que l'on vit (encore) un moment important pour l'avenir de l'Internet. En France la Quadrature du Net est l'un des défenseurs les plus actifs de la neutralité du réseau. N'hésitez pas à les soutenir (ils acceptent les bitcoins :-)

jeudi 3 avril 2014

Chapitre 5 : e-commerce

Le chapitre 5 sur le commerce en ligne est disponible. Il intègre la section sur l'argent qui était déjà publiée. Il comprend 3 sections principales :

  • le B2C qui comprend un point sur des domaines significatifs (voyage, musique, vidéo, rencontres)
  • les imprimantes 3D avec une tentative d'analyse de leur impact sur notre monde
  • les paiements numériques dont Paypal et les Bitcoins

Ce chapitre fait parti de la partie "Changement de monde". On a vu ce qu'a fait Internet dans le domaine du tourisme et à la musique. On sent ce qu'il va se passer pour le cinéma. Ce que risquent de provoquer les imprimantes 3D et les Bitcoins peut être un bouleversement encore plus important.

La révolution continue... restez branché

vendredi 11 octobre 2013

Métro Internet 2013

Voici la nouvelle version de mon plan de l'internet. Les nouveaux entrants sont Stack Overflow, Coursera, Hadoop, The Huffington Post, Netflix, Match et PRISM. Apple et Steve Jobs sont séparés. AOL et ses petits sont regroupés.

Metro Internet 1.13

jeudi 19 septembre 2013

PayPal, PayLib et un poly

Vous connaissez PayPal, la solution de paiement sur Internet. Mardi dernier la BPN, la Société Générale et la Banque Postale ont lancé en réponse PayLib. L'idée est de pouvoir payer vos achat en ligne simplement, sans devoir transmettre votre numéro de carte bleue, comme PayPal finalement.

  • Oui mais PayPal prend 3 % de commission et nous moins.
  • Combien ?
  • Moins.
  • Avec PayPal je peux payer dans le monde entier et je peux verser de l'argent à un ami.
  • PayLib cherche des banques partenaires en Europe...

Pourquoi ai-je le sentiment que PayLib n'a pas gagné ? Tant que PayLib ne permet pas de payer dans un magasin physique ou de verser de l'argent entre particuliers, sa valeur ajoutée est faible. Bien sûr ces 3 banques ont 23 millions de clients ce qui peut convaincre des magasins d'accepter ce mode de paiement, mais est-ce suffisant ? D'autres, Kwixo, Buyster en France, ont essayé d'offrir ce service sans réel succès.

Entre temps de véritables innovations apparaissent sur Internet, les Bitcoins ou M-Pesa par exemple. Aussi je me dis que nos banques devraient lire le nouveau chapitre de mon poly et s'en inspirer.

mardi 2 juillet 2013

La démocratie des lanceurs d'alerte

Edward Snowden suit Bradley Manning et Julian Assange dans la liste de héros de la transparence, des héros de la nouvelle démocratie. Actuellement les Verts, le Front de gauche et le Front national sont pour accueillir le réfugié politique Edward Snowden en tant que lanceur d'alerte.

Ce concept de donneur d'alerte est intéressant au sens ou il pourrait changer notre façon de concevoir la démocratie. Il n'est pas besoin d'être politologue pour savoir que notre démocratie représentative ne représente plus grand chose si ce n'est le corps des énarques, que le premier parti est celui des abstentionnistes et que l'on vote plus souvent contre que pour. Le système s'essouffle, il est temps de le remplacer.

Le problème est par quoi le remplacer. La démocratie directe ne tient pas le passage à l'échelle. La majorité des citoyens n'ont pas envie de donner leur avis pour chaque projet de loi (déjà qu'être jury est souvent perçu comme une contrainte). Si cet avis est optionnel et que la loi prend en compte les seuls votes exprimés, alors il est à craindre des dérives avec des votes contrôlés par les lobbys, ces derniers risquant d'être les seuls à suivre toutes les propositions de projet de loi. Enfin presque les seuls...

C'est là où peuvent intervenir les lanceurs d'alerte. Si les citoyens ne vont pas lire toutes les propositions de loi, ils savent réagir lorsqu'un lanceur d'alerte les prévient. Ainsi le site Avaaz exerce cette activité depuis des années et déclare aujourd'hui 24 millions de membre. Ses campagnes de masse ont déjà permis d'influencer le débat politique mais de façon officieuse. Les associations ont aussi cette expérience depuis longtemps, mais jusqu'à présent elles manquaient de moyen pour diffuser l'alerte et recueillir les soutiens. Avec Internet cela devient possible. Il ne manque plus qu'un cadre légal qui permette d'intégrer des millions de voix allant dans un sens ou dans un autre lors des débats sur un projet de loi. Le référendum d'initiative populaire, prévu dans la feu constitution européenne, est une solution. On doit pouvoir faire plus réactif sachant que le temps d'un débat parlementaire peut suffire pour mobiliser la population. L'exemple de la loi Hadopi, si suivie par les internautes, semble le prouver.

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