La démocratie représentative ne semble plus avoir le vent en poupe, en fait elle semble encalminée et promise au naufrage. Les officiers, conscients que le naufrage peut prendre des siècles et voyant que les marins sont résignés, ne font rien ou bien font semblant de faire. Par exemple la France a introduit en 2008 le référendum d'initiative partagée qui ressemble à un référendum d'initiative populaire mais qui n'en est pas un puisqu'il doit être initié par les parlementaires puis soutenu par plus de 4,5 millions d'électeurs (soit 10 % des électeurs, à comparer aux votations de suisses qui demandent 2 % des électeurs et rien d'autre).

Alors les choses bougent ailleurs, sur Internet souvent. Aujourd'hui des sites comme Avaaz ou Change.org permettent aux citoyens de lancer des pétitions et les aide pour qu'elle atteignent des niveaux qui forcent les élus à agir (plus d'un million de signatures régulièrement). Avec plus de 40 millions d'inscrits, Avaaz dispose d'une véritable force de frappe qu'elle mobilise sur les pétitions qu'elle a choisi de mettre en avant. Ce choix est d'ailleur le principal reproche qui lui est fait car si tout le monde peut créer sa pétition, seules celles qu'Avaaz soutient ont des chances d'obtenir un nombre significatif de signatures. Avaaz devient ainsi une organisation politique importante.

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De son coté Change.org propose des pétitions plus locales mais avec de nombreux succès aussi.

Si ces deux sites, et d'autres, ont modernisé la pétition et augmenté le poids de l'activisme, ils ont également su rendre très rentable cette activité. Avaaz, lancé avec le soutien de fondations dont celle de Soros, vit aujourd'hui des dons de ses membres. Change.org vend l'accès à son site à des organisations humanitaires et demande des dons aux créateurs de pétitions (cf Avec Change.org, la pétition est devenue un business). En 2012 Avaaz avait déjà un chiffre d'affaires de plus de 10 millions de dollars. En 2013 Change.org a levé 15 millions de dollars. On est loin des bénévoles qui tractent le dimanche sur les marchés.