Je ne suis pas très optimiste en ce moment lorsque je regarde notre démocratie. Je sais que c'est une déprime répandue qui ne mérite probablement pas un article.

Mais bon, mardi dernier, Laurent Chemla (LC) et Daniel Kaplan (DK), deux fins connaisseurs de la démocratie et d'Internet sont venus en parler dans le cadre de mon cours de géopolitique. Le sujet était "Vers une nouvelle démocratie ?" et je dois avouer que j'espérais de bonnes nouvelles.

Si ce débat avait eu lieu 15 jours avant il aurait probablement été différent, mais aujourd'hui il n'est pas possible de parler de démocratie sans penser à l'état d'urgence mis en place suite aux attentats du 13 novembre. L'état d'urgence ne renforce pas vraiment la démocratie et son soutien par la grande majorité de la population a de quoi inquiéter. Les libertés semblent ne pas peser bien lourd face à un risque sécuritaire qui reste bien faible à l'échelle de l'individu et pourtant, la question de la lutte contre le terrorisme sans l'état d'urgence ne semble même pas se poser.

Donc le débat a débuté sur cet état d'urgence et les orateurs ont rapidement soulevé la question : Pourquoi si peu de personnes défendent les libertés fondamentales ? Bien sûr le désamour de plus en plus net entre les citoyens et les élus a sa part de responsabilité. Pourquoi s'intéresser à la démocratie lorsqu'elle est confisquée par des élus déprimants alors qu'il y a tant de choses à faire à coté ? Mais le problème semble plus profond, les orateurs ont mis en avant un décalage entre la société elle même et les citoyens qui ne s'y reconnaissent pas pour beaucoup. Pour eux, l'école a un rôle important à jouer dans ce domaine.

Mais tout n'est pas négatif. Les points forts d'Internet, tellement évidents qu'on les oublie, sont l'accès à l'information et à la liberté d'expression. Le premier a changé la démocratie en permettant aux citoyens d'argumenter avec leur élus avec toute l'information et le support collaboratif nécessaire. DK souligne l'importance du changement pour les élus. Mais surtout Internet a rendu la parole libre. Pour LC s'il est bien une avancée solide en Tunisie, c'est la liberté gagnée de critiquer le gouvernement qu'utilisent pleinement les internautes tunisiens.

La suite sera peut-être un jour une implication plus continue des citoyens dans la politique, à travers des consultations comme celle sur la loi numérique, mais il faudra pour que cela soit perçu comme une avancée démocratique que les avis soient pris en compte.